mercredi, 30 avril 2008

Le glaive ou le bouclier ?

Que choisir ? Le beurre ou l'argent du beurre ? La cigale ou la fourmi ? Court sucré ou long sans sucre ? L'aile ou la cuisse ? le cable ou le satellite ? Daphnis ou Chloé ? L'oeuf ou la poule ? Le rouge ou le noir ? Sarko ou le Pen ? Couscous ou choucroute ? Mahomet ou Jésus ? Le glaive ou le bouclier ?

Ces quelques énoncés, aussi impératifs qu'hétéroclites, nous rappellent les choix existentiels auxquels tout homme est un jour confronté dans sa vie, et leurs conséquences ultimes dans sa vie personnelle et sociale. J'en entends déjà parmi vous, chers lecteurs, qui pensent, par je ne sais quelle pirouette intellectuelle, pouvoir échapper à bon compte au nécessaire choix discriminatoire, ou comme dirait Pascal, à la nécessité du pari.

Que choisir donc, disais-je, quand on est en âge de faire des choix, en France sous l'Occupation, par exemple. "Mais arrêtez-donc de remuer le passé !" vont s'indigner certains - désolé, ce n'est pas votre serviteur qui a commencé, ce sont les médias et les politiques qui nous abreuvent régulièrement de ce passé qui ne passe pas, et de l'obligatoire devoir de mémoire, avec son corollaire obligatoire : la repentance.

Revenons donc à notre problème : celui du choix, et en l'occurence du bon choix, pour reprendre une expression favorite d'un ancien président de la République et rédacteur de Constitution européenne. Le problème avec le bon choix, c'est qu'on ne sait que rétrospectivement si on l'a fait ou non. Et d'ailleurs, le bon choix pour qui ? Pour moi ? Pour la France ? Pour le Pape ? Pour mon épicier arabe ? Ah, non, vraiment choisir, c'est mourir un peu. A l'époque dont il est question c'est même souvent mourir beaucoup, dès le début, pendant ou à la fin - les armes à la main ou face au peloton - c'est selon. Choisir à l'époque, c'était aussi aimer, nonobstant la guerre : voilà qu'on redécouvre actuellement quelque 200.000 "enfants de Boches" à régulariser en quelque sorte, comme quoi Français(es) et Allemand(e)s ne se sont pas seulement retrouvés sous les drapeaux, mais aussi sous les draps... Et que dire alors des dizaines de milliers d'enfants nés du STO ?

Mais revenons à la question du choix : un Français se devait certes à l'époque de choisir un camp - ne pas choisir étant déjà un choix en soi - il fallait donc choisir, pour reprendre l'image gaullienne, entre le glaive (la Résistance) OU le bouclier (la Collaboration). C'est le cas N° 1, le plus courant. Cas N° 2, plus rare, on pouvait vouloir choisir le glaive ET le bouclier, en servant les deux camps - simultanément, en devenant ainsi un agent double - ou successivement, collabo jusqu'en 44 et résistant quand le bruit des chenilles de Sherman se faisait de plus en plus proche. Le lecteur aura sans doute remarqué que ce glissement sémantique du "OU" vers le "ET" était guidé non par des considérations hautement patriotiques, mais par un souci bien compris de sa survie. Cela dit on est bien peu de choses face à l'Histoire qui vous rattrappe et vous happe, et celle-ci n'est ni toute blanche d'un côté, ni toute noire de l'autre. Le Général (de Gaulle) n'a-t-il pas reconnu que lui-même (le glaive) et Pétain (le bouclier) avaient été aussi nécessaires l'un que l'autre, et que le succès du premier avait été rendu possible par le second ? Voilà une vision pleine de hauteur historique, dont ferait bien de s'inspirer un establishment toujours prompt à la repentance.

Bien, poursuivons. Années 2000 : Résistance ou Collaboration ?

Quel rapport avec la première partie de votre propos ? me direz-vous... D'aucuns d'entre vous, chers lecteurs, auront certainement remarqué que notre pays est tout de même depuis un certain nombre d'années en situation d'occupation par des populations allogènes d'origine extra-européenne, non armées (en général) mais très déterminées à installer leur culture et leur religion sur notre sol, nous jouant ainsi la colonisation à l'envers. Mais c'est nous qui les avons fait venir ! vont s'exclamer certains. Désolé, mais en l'occurence ce "nous", ce n'est pas nous, et s'il est vrai que certains patrons dans les années 60 et suivantes ne voyaient pas plus loin que le bout de leur profit en "important" massivement cette main d'oeuvre bon marché, il n'en est pas moins vrai qu'une majorité de nos concitoyens ont continué ensuite à voter pour des hommes politiques favorables à cette immigration... Que chacun fasse donc son mea culpa. Les partis de gauche ne pouvaient quant à eux que se réjouir d'une telle politique, voyant là l'apparition d'un nouveau sous-prolétariat qui demain voterait pour eux...

Nous retrouvons donc aujourd'hui ces bons apôtres nimbés de leur nouvelle islamophilie de circonstance, et de leur bon chic humanitariste - les voilà les nouveaux collabos de la cinquième colonne immigrationiste, un véritable inventaire à la Prévert :

ceux qui régularisent,

ceux qui prennent en otage les enfants des écoles pour faire régulariser les parents,

ceux qui Touche pas à mon pote,

ceux qui Droits-de-l'Hommisent,

ceux qui médiatisent et ceux qui showbizent

ceux qui avec hallal je positive

ceux qui talibanlieusardisent,

ceux qui boboïsent et ceux qui sodomisent

ceux qui Halde à la discrimination

tous ceux-là - et beaucoup d'autres -

s'étaient fait une belle tête politiquement correcte et s'étaient donné rendez-vous au grand dîner de têtes organisé comme chaque année à l'occasion de la rupture du jeûne de Ramadan...

Alors, que rajouter à cela ? Que ne rien faire, c'est laisser faire, et accepter de tomber demain en dhimmitude, voire même pire encore peut-être, en bravitude... Alors, ami lecteur, si vous n'avez pas bien compris notre propos, c'est peut-être que vous n'avez pas bien lu, ou que vous êtes déjà complètement médiabruti. Quant à nous, notre choix est fait, et entre le couscous et la choucroute, notre coeur ne balance pas. Tiens, ça me rappelle que ce sera bientôt la Fête du Cochon, le 14 juin prochain ; alors pensez à vous inscrire auprès de Solidarité des Français pour cette grande fête identitaire.

Sur ce - comme avait coutume de dire un certain Serge de Beketch en rendant l'antenne - Amis de la Résistance, bonsoir...

Jacques le Réac'

Transmis par notre ami Sébastien

LES HUSSARDS, Écrits des Années cinquante

Roger Nimier   Antoine Blondin   Jacques Laurent   Michel Déon

En septembre 1952, un journaliste de 23 ans, Bernard Frank, publiait dans la revue de Jean-Paul Sartre, Les Temps Modernes, une sorte de pamphlet qui s'en prenait à un groupe de jeunes écrivains, accusés de ne pas sacrifier aux dogmes de l'époque, accusés pour tout dire de "fascisme". En principe l'accusation qui tue . Mais l'article était intitulé "les grognards et les hussards". Il a fait date, car c'est essentiellement le titre qui en a été retenu, et il il a créé en quelque sorte le mythe des "hussards" en littérature, le mythe selon lequel il existerait à Saint-Germain-des-Prés une cohorte d'écrivains prétendument "fascistes" ayant pour chef de file un garçon de 27 ans, Roger Nimier, auteur, deux ans plus tôt, d'un best-seller intitulé "Le Hussard bleu".

A relire le pamphlet de Bernard Frank, un demi-siècle après sa première publication, ( Le Dilettante l'a réédité récemment) on se dit qu'il était superficiel et qu'il ne pouvait guère porter préjudice aux écrivains qu'il entendait pourfendre : les Jacques Laurent, Roger Nimier, Antoine Blondin (et Michel Déon qui fut, plus tard, ajouté). Il n'empêche que ce modeste article a eu un double mérite : le mérite pour Bernard Frank, de se faire instantanément un nom, et le mérite d'avoir donné une grande notoriété à cette soi-disant coterie des "hussards". (Pour l'anecdote, signalons que Bernard Frank donnera paradoxalement des articles à La Parisienne, la revue phare des "hussards" !).

Certains pensent que Bernard Frank n'est d'ailleurs pas l'inventeur du mot de "hussards" pour désigner ces jeunes écrivains "dégagés" (par opposition aux écrivains engagés). C'est l'écrivain belge Willy de Spens qui en aurait eu la paternité, selon les exégètes les plus pointus. De Spens, excellent écrivain, trop peu lu, décédé il y a quelques années, avait publié, dans la série de ses souvenirs, un livre intitulé "Le hussard malgré lui". Un titre à la Nimier. Mais peu importe : parce que Bernard Frank était un homme classé à gauche, et parce qu'il s'était exprimé dans une revue d'extrême gauche, Les temps modernes, dont le magistère était considérable, à l'époque, la formule passa à la postérité, et les "hussards" surent d'ailleurs retourner à leur profit cette étiquette qui, en dernière analyse, n'avait rien d'insupportable.

L'histoire des "hussards" doit beaucoup au hasard. Seules des rencontres de circonstance, des amitiés et des confraternités éphémères, ont réuni à jamais leurs noms . Ils ont néanmoins un point commun : ils ont tous subi, à un moment ou à un autre de leur jeune existence, l'influence de l'Action française. Et puis, hommes de la même génération, celle de l'immédiat après-guerre, ils arrivent sur un terrain littéraire relativement vierge : d'un côté il y a certes le clan des Sartre et des Camus, le clan des affiliés au CNE, ce Comité National des Écrivains, qui a entrepris d'épurer les lettres françaises. Mais de l'autre côté, il n'y a plus rien; il n'y a que les "maudits", les interdits professionnels. Une liste a en effet été dressée de ceux dont il est désormais interdit de publier et de diffuser les ouvrages. Cette liste va de Pierre Benoît à Paul Morand en passant par Guitry et Giono. Et puis il y a Mauriac tout seul.

Les "hussards", eux, ne figurent pas sur la liste des interdits professionnels, car ils étaient trop jeunes pour avoir publié des oeuvres significatives sous l'Occupation. Et d'ailleurs Roger Nimier finit la guerre, à 19 ans, incorporé volontaire dans les rangs du 2ème régiment des hussards (un signe ! ). Il aurait été mal venu de l'interdire de publication, pour cause de complaisance avec l'ennemi ! Ce qui caractérise les "hussards", en fin de compte, c'est une réaction, la réaction à l'air du temps, la réaction au roman engagé (à gauche), la réaction au caporalisme des communistes et de leurs compagnons de route, ces chiens de garde de la pensée unique, dont Jean-Paul Sartre est le plus pesant des représentants, avec son existentialisme envahissant et totalitaire. Oui, les "hussards" sont "réactionnaires" dans la mesure où ils réagissent et s'opposent au discours dominant. Dans "Paul et Jean-Paul" (1951), Jacques Laurent se livre à un parallèle entre Paul Bourget et Jean-Paul Sartre, pour montrer la persistance, à toutes les époques, des conformismes les plus insupportables. Ce n'est pas en elle même la critique de Sartre et de ses thèses qui fit mouche, avec ce pamphlet, mais c'était d'avoir osé comparer l'oeuvre du chef de file des existentialistes à celle des romans bourgeois de la fin du XIXe siècle ! La blessure fut vivement ressentie, et le combat entre les "hussards" et les sartriens ne fit alors que commencer.

Le positionnement politique des "hussards" ne peut être séparé du contexte de la guerre froide, de la menace communiste de l'époque. Mais c'est vrai qu'il serait très réducteur de présenter les "hussards" comme des écrivains engagés. Ce sont d'abord et avant tout des romanciers. Et dans le roman, ils deviennent réellement ce qu'ils prétendent être : des auteurs "dégagés". Même si, pour l'époque, proclamer son dégagement littéraire, c'est déjà se positionner politiquement (à droite).

Dernière caractéristique commune aux "hussards" : leur volonté de réhabiliter les épurés de 1944. Roger Nimier prend sous son aile protectrice André Fraigneau et Jacques Chardonne; Antoine Blondin fait l'apologie de Robert Brasillach et de Lucien Rebatet, Dans" La Parisienne", son journal mensuel, qui va paraître de janvier 1953 à mars 1958, Jacques Laurent accueille Marcel Jouhandeau, André Fraigneau, Jean Giono, Henry de Montherlant, Jacques Chardonne, Paul Morand, Robert Poulet.

Il est temps, maintenant, de présenter ces fameux "hussards". Et d'abord le chef de file : Roger Nimier (1925-1962). Il est mort dans un accident de voiture à 37 ans, trop jeune pour avoir donné la plénitude de son oeuvre. Néanmoins il laisse une douzaine de livres, dont ce fameux (et scandaleux) "Hussard bleu". Nimier, au delà de son oeuvre inachevée, fut un extraordinaire animateur, un agité, qui sut tirer le meilleur parti de son paresseux ami Antoine Blondin, sauver de l'oubli Chardonne et Fraigneau, faire préfacer les "Livres de Poche" par les meilleures plumes de la droite littéraire.

Puis vient Antoine Blondin. C'est peut-être, paradoxalement, le plus connu des "hussards", en tout cas, l'un de ceux cités le plus souvent, à la télévision, dans la presse. Ses chroniques sportives de L'Équipe ont fait davantage pour sa notoriété que ses cinq romans. "Un singe en hiver" est toutefois devenu un film à succès, avec Belmondo et Gabin, Belmondo dans le rôle de Blondin. Les deux hommes se ressemblaient d'ailleurs un peu, de visage.

Jacques Laurent est le troisième "hussard". Né en 1919, mort récemment, Laurent est certainement le plus fécond, le plus puissant , le plus éclectique des "hussards". Il a écrit une centaine d'ouvrages sous une quinzaine de pseudonymes différents, le plus connu de ces noms d'emprunt étant Cécil Saint Laurent. Jacques Laurent, ce sont des romans importants, comme "Les Corps tranquilles", ou "Les Bêtises" (prix Goncourt), c'est "Le petit Canard", sorte de lettre d'amour d'un père à son fils qui va être fusillé, ce sont des petits essais comme "le français en cage", qui sont de purs chefs d'oeuvre, écrits par un amoureux de la langue française. Cécil Saint Laurent, ce sont des sagas politiques et légères, comme la série des "Caroline chérie", "Hortense", "Clotilde", "La Communarde". ce sont des ouvrages plus franchement érotiques, mais sous d'autres signatures ou sous les mêmes. Il y a aussi des livres pour enfants, des essais politiques, des études historiques (sous le pseudonyme d'Albéric Varenne). Enfin Laurent écrivit de nombreux scénarios et dialogues de films, y compris des films historiques consacrés à la guerre de 14-18 ou à la bataille de France.

Quant à Michel Déon, il vit toujours, quelque part entre Paris, l'Irlande et la Grèce. "Les Poneys sauvages" et "Le Taxi mauve" (et le film qui en a été tiré, avec Charlotte Rampling et Fred Astaire), son élection à l'Académie française, ses légendaires promenades dans les îles grecques, ont sculpté une imposante statue. une statue solide. Le critique belge Pol Vandromme, dans son essai sur Déon, écrit ceci : "Blondin (qui toréait les mots pour estoquer les calembours), Nimier (qui ravalait la mélancolie romantique et ferraillait dans le parc du château de Verrière), Laurent (qui complotait en cagoulard intellectualiste) avaient le joli coeur et l'uniforme brodé des hussards de l'imagerie. Déon, à côté d'eux, semblait plus fantassin que cavalier (...) Il n'avait pas la légende parisienne (...)".

Voilà donc les quatre "hussards". Aujourd'hui ils s'éloignent un peu, dans notre mémoire; ils ont cette couleur noir et blanc des actualités des années cinquante, ils laissent derrière eux des livres, des films, des articles, la rumeur de batailles de mots qui n'ont plus cours, car le monde a changé. Mais à feuilleter leurs journaux et leurs revues : la Parisienne, Arts, La Nouvelle Lanterne, Accent grave, Opéra, Le Nouveau candide , les tribunes du Combat des années Smadja-Tesson, on se dit que cette "droite buissonnière", pour reprendre l'expression de Pol Vandromme, mérite toute sa place au panthéon des lettres. Et pas seulement là.

Francis Bergeron

Annie nous signale... "Le Club des Empereurs"

"Dans un décor à l'anglaise, avec manoir, parc et rivière, on suit la carrière d'un professeur d'histoire latine [M. Hundert] et ses interrogations : comment motiver et encourager les élèves, surtout ceux qui se montrent rétifs, mais chez qui on sent des possibilités ? Il y a des moments de doute, d'espoir, de déception mais aussi de réconfort, devant les témoignages d'affection des anciens élèves devenus pères de famille.
Plus sobre que "le Cercle des poètes disparus", ce film s'inspire plutôt du célèbre "Goodbye Mister Chips", qui connut un grand succès avant et après la Deuxième Guerre
mondiale."
                   ("Le Club des empereurs",Michael Hoffman, 1h45min. sorti en DVD le 4 février 2004)