« lun 05 mai - dim 11 mai | Page d'accueil
| lun 19 mai - dim 25 mai »
vendredi, 16 mai 2008
Chronique de Phil' le cinéphile - Le silence de la mer
Nous étions une dizaine le 15 mai dernier à recevoir en soirée M. Arnaud Guyot-Janin, critique de cinéma, pour une table ronde autour du film de Jean-Pierre Melville "Le silence de la mer", sorti en 1949 et tiré du roman de Vercors paru clandestinement en 1941. Nous avions tous vu ou revu ce chef d'oeuvre, et avons pu échanger avec Arnaud Guyot-Janin sur le film et son contexte historique.
A. Guyot-Janin a d'abord fait remarquer que ce film est atypique dans la filmographie de Melville (13 fims en tout), plus connu pour ses polars : Le Samouraï, le Cercle Rouge, le Deuxième souffle, l'Armée des Ombres... En effet, le Silence de la mer se distingue par son esthétisme extrême, et son approche inédite du sujet douloureux de la France sous l'Occupation. Rappelons brièvement l'histoire : un officier allemand loge en 1941 chez un vieil homme et sa nièce : cet Allemand véritablement francophile, cultivé, sensible et courtois tente de se faire accepter par ses hôtes les entretenant chaque soir au coin du feu. Mais ces derniers restent murés dans le silence... C'est ce drame humain à huis-clos qui se joue entre les personnages que Melville met ici en valeur, au lieu de verser dans un résistantialisme facile. La photographie est superbe, avec de gros plans mettant en valeur les expressions des visages et la gestuelle des personnages.
En voyant le film, on ne peut s'empêcher de penser à la fameuse "sortie" de Jean-Marie le Pen qui déclarait que "l'occupation en France n'a pas été particulièrement inhumaine" et il est vrai que le personnage de cet officier allemand nous y fait croire tant il est humain, touchant, et n'ayons pas peur de le dire - sympathique, autant que peut l'être en tous cas le soldat d'une armée d'occupation. Son rêve qui était de marier France et l'Allemagne dans une réconciliation fraternelle va se heurter malheureusement aux dures lois de la guerre, avec les premières fusillades de civils en représailles aux attentats anti-allemands. L'officier découvre aussi l'extrémisme de certains de ses compatriotes et c'est alors le dilemne de l'homme de devoir qui préfère demander son affectation ailleurs plutôt que d'obéir à des ordres criminels.
Les non germanophones ont regretté pourtant, à juste titre d'ailleurs, qu'il n'y ait eu aucun sous-titrage en français des deux passages - assez longs tout de même - où notre officier s'entretient avec un groupe de SS, et où il est question du camp de Treblinka : cette liberté prise par rapport au roman, alors que tout le reste du film suit strictement l'oeuvre de Vercors, s'explique évidemment par l'origine juive de Melville, de son vrai nom Jean-Pierre Grumbach. Ce petit problème de l'absence de sous-titrage a d'ailleurs été surmonté par le compte-rendu qu'en ont fait nos deux germanophones de service, Jean-Claude et Christophe.
En conclusion, une soirée fort sympathique agréablement conduite par notre invité, et qui plus est dans le cadre tout à fait de circonstance des anciens studios de la rue Jenner où a tourné Melville...
Silence, on tourne...
14:36 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
jeudi, 15 mai 2008
Chronique de Jacques le Réac' / Israël mai 1948 - mai 2008 : Déjà soixante ans... de propagande.
Un certain pacte germano-sioniste, signé le 7 août 1933 etc..., etc...
< CENSURE >
14:12 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


