jeudi, 22 mai 2008
Chronique de Jacques le Réac' : Où il y a du gène il n’y a pas de plaisir – De l’importance du 0,1 %
Tandis que la loi sur les OGM vient d'être votée en France, d’autres dangers se profilent déjà à l’horizon : le vaccin contre le cancer du col de l’utérus, ou encore les manipulations génétiques à caractère thérapeutique : on apprend en effet dans un article de The Independent (Steve Connor - 10.01.2007, publié ce mois-ci dans Vocable) que des chercheurs de Newcastle ont réussi l’insertion d’un noyau de cellule humaine dans un ovocyte de vache. Cette grande première outre-manche laisse espérer, nous dit-on, un remède aux grands maux que sont par exemple la maladie de Parkinson, le diabète ou l’accident vasculaire cérébral. On nous explique encore que les embryons obtenus sont à 99,9 % humains, et à 0,1 % bovins… Aucun problème donc à en croire nos apprentis sorciers de laboratoire, sauf qu’on ignore à peu près tout de l’incidence que ces 0,1 % de bovinité pourraient avoir sur l’homme. Il faut croire que l’épisode de l’ESB et de sa variante humaine n’a rien appris à ces brillants esprits, et le gouvernement britannique est tout prêt semble-t-il à leur emboîter le pas pour autoriser la poursuite de ces recherches. D’ici à ce que le gouvernement français en fasse autant…
Bien entendu, ces formidables découvertes génétiques ou vaccinales se font pour notre bien, pour nous préparer un avenir radieux duquel la maladie aura été éradiquée : cela mérite bien de prendre quelques risques, et si l’on se réveille demain avec des mamelles qui nous poussent là où d’ordinaire nous arborons nos virils pectoraux, il ne faudra pas venir se plaindre. On avait déjà dans nos villes de beaux spécimens de ruminants, amateurs de gomme à mâcher états-unienne, allant parfois jusqu’à se mettre un anneau dans le nez pour faire un effet plus bœuf. On avait déjà nos électeurs que de Gaulle qualifiait déjà de veaux, et qui souvent au lendemain du scrutin, se sentent pousser des cornes sur la tête. Tout porte donc à croire que finalement nous sommes déjà dans une société pré-bovine.
Claude Bernard doit se retourner dans sa tombe, lui qui avait compris, avant Pasteur, que la maladie n’est rien, et que le terrain est tout. Or voilà plus d'un siècle que dure cette pasteurisation des esprits. On continue à chercher, par des tripatouillages génétiques ou autres créations de vaccins, toujours plus de remèdes - qui en fin de compte ne règlent rien, mais enfouissent au contraire les symptômes - alors qu'il faudrait s’attaquer aux causes réelles de nos maladies de civilisation : hygiène de vie mortifère, régime alimentaire, tabac, pilule, drogues et médicaments en tous genres qui ne font qu’affaiblir notre patrimoine génétique.
A propos de patrimoine génétique justement, je relisais cette semaine un dossier paru dans La Recherche (N°401 d’octobre 2006) intitulé La science et les races. On y apprend entre autres que « la variation génétique entre individus porte sur 0,1 % du génome humain [le génotype étant l’ensemble du patrimoine génétique d’un individu]. De cette infime fraction, 10 % sont répartis entre les 3 continents africain, européen et asiatique. Les 90 % restants sont présents partout. » Autrement, si l’on en croit cette théorie, les caractères de différenciation ethnique portent sur 0,1 % x 10 % = 0,01 % du génome humain, autant dire qu’elle tend vers rien. Tâchez de bien vous concentrer sur cette théorie la prochaine fois que vous prendrez le métro ou le RER…
C’est là que l’on voit les limites et les dangers d’une science sans conscience, où la part subtile de l’homme n’a pas sa place. Des Organismes Génétiquement Modifiés aux Peuples Génétiquement Modifiés, il n’y a qu’un pas, que nos apprentis sorciers aimeraient sans doute bien franchir, pour créer un nouveau type d’homme : l’homo eurafricasiaticus, mâtiné bovin. Ainsi, si l’on échappe par miracle à la dhimmitude, à la négritude, ou même à la bravitude, il se pourrait bien que l’on succombe finalement à la bovitude que l’on est en train de nous concocter dans quelques officines pseudo-scientifiques.
Frankenstein, sors de ces hommes !
Jacques le Réac’ Retrouvez chaque semaine sur ce blog la chronique de Jacques le Réac’
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