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mercredi, 30 avril 2008

Le glaive ou le bouclier ?

Que choisir ? Le beurre ou l'argent du beurre ? La cigale ou la fourmi ? Court sucré ou long sans sucre ? L'aile ou la cuisse ? le cable ou le satellite ? Daphnis ou Chloé ? L'oeuf ou la poule ? Le rouge ou le noir ? Sarko ou le Pen ? Couscous ou choucroute ? Mahomet ou Jésus ? Le glaive ou le bouclier ?

Ces quelques énoncés, aussi impératifs qu'hétéroclites, nous rappellent les choix existentiels auxquels tout homme est un jour confronté dans sa vie, et leurs conséquences ultimes dans sa vie personnelle et sociale. J'en entends déjà parmi vous, chers lecteurs, qui pensent, par je ne sais quelle pirouette intellectuelle, pouvoir échapper à bon compte au nécessaire choix discriminatoire, ou comme dirait Pascal, à la nécessité du pari.

Que choisir donc, disais-je, quand on est en âge de faire des choix, en France sous l'Occupation, par exemple. "Mais arrêtez-donc de remuer le passé !" vont s'indigner certains - désolé, ce n'est pas votre serviteur qui a commencé, ce sont les médias et les politiques qui nous abreuvent régulièrement de ce passé qui ne passe pas, et de l'obligatoire devoir de mémoire, avec son corollaire obligatoire : la repentance.

Revenons donc à notre problème : celui du choix, et en l'occurence du bon choix, pour reprendre une expression favorite d'un ancien président de la République et rédacteur de Constitution européenne. Le problème avec le bon choix, c'est qu'on ne sait que rétrospectivement si on l'a fait ou non. Et d'ailleurs, le bon choix pour qui ? Pour moi ? Pour la France ? Pour le Pape ? Pour mon épicier arabe ? Ah, non, vraiment choisir, c'est mourir un peu. A l'époque dont il est question c'est même souvent mourir beaucoup, dès le début, pendant ou à la fin - les armes à la main ou face au peloton - c'est selon. Choisir à l'époque, c'était aussi aimer, nonobstant la guerre : voilà qu'on redécouvre actuellement quelque 200.000 "enfants de Boches" à régulariser en quelque sorte, comme quoi Français(es) et Allemand(e)s ne se sont pas seulement retrouvés sous les drapeaux, mais aussi sous les draps... Et que dire alors des dizaines de milliers d'enfants nés du STO ?

Mais revenons à la question du choix : un Français se devait certes à l'époque de choisir un camp - ne pas choisir étant déjà un choix en soi - il fallait donc choisir, pour reprendre l'image gaullienne, entre le glaive (la Résistance) OU le bouclier (la Collaboration). C'est le cas N° 1, le plus courant. Cas N° 2, plus rare, on pouvait vouloir choisir le glaive ET le bouclier, en servant les deux camps - simultanément, en devenant ainsi un agent double - ou successivement, collabo jusqu'en 44 et résistant quand le bruit des chenilles de Sherman se faisait de plus en plus proche. Le lecteur aura sans doute remarqué que ce glissement sémantique du "OU" vers le "ET" était guidé non par des considérations hautement patriotiques, mais par un souci bien compris de sa survie. Cela dit on est bien peu de choses face à l'Histoire qui vous rattrappe et vous happe, et celle-ci n'est ni toute blanche d'un côté, ni toute noire de l'autre. Le Général (de Gaulle) n'a-t-il pas reconnu que lui-même (le glaive) et Pétain (le bouclier) avaient été aussi nécessaires l'un que l'autre, et que le succès du premier avait été rendu possible par le second ? Voilà une vision pleine de hauteur historique, dont ferait bien de s'inspirer un establishment toujours prompt à la repentance.

Bien, poursuivons. Années 2000 : Résistance ou Collaboration ?

Quel rapport avec la première partie de votre propos ? me direz-vous... D'aucuns d'entre vous, chers lecteurs, auront certainement remarqué que notre pays est tout de même depuis un certain nombre d'années en situation d'occupation par des populations allogènes d'origine extra-européenne, non armées (en général) mais très déterminées à installer leur culture et leur religion sur notre sol, nous jouant ainsi la colonisation à l'envers. Mais c'est nous qui les avons fait venir ! vont s'exclamer certains. Désolé, mais en l'occurence ce "nous", ce n'est pas nous, et s'il est vrai que certains patrons dans les années 60 et suivantes ne voyaient pas plus loin que le bout de leur profit en "important" massivement cette main d'oeuvre bon marché, il n'en est pas moins vrai qu'une majorité de nos concitoyens ont continué ensuite à voter pour des hommes politiques favorables à cette immigration... Que chacun fasse donc son mea culpa. Les partis de gauche ne pouvaient quant à eux que se réjouir d'une telle politique, voyant là l'apparition d'un nouveau sous-prolétariat qui demain voterait pour eux...

Nous retrouvons donc aujourd'hui ces bons apôtres nimbés de leur nouvelle islamophilie de circonstance, et de leur bon chic humanitariste - les voilà les nouveaux collabos de la cinquième colonne immigrationiste, un véritable inventaire à la Prévert :

ceux qui régularisent,

ceux qui prennent en otage les enfants des écoles pour faire régulariser les parents,

ceux qui Touche pas à mon pote,

ceux qui Droits-de-l'Hommisent,

ceux qui médiatisent et ceux qui showbizent

ceux qui avec hallal je positive

ceux qui talibanlieusardisent,

ceux qui boboïsent et ceux qui sodomisent

ceux qui Halde à la discrimination

tous ceux-là - et beaucoup d'autres -

s'étaient fait une belle tête politiquement correcte et s'étaient donné rendez-vous au grand dîner de têtes organisé comme chaque année à l'occasion de la rupture du jeûne de Ramadan...

Alors, que rajouter à cela ? Que ne rien faire, c'est laisser faire, et accepter de tomber demain en dhimmitude, voire même pire encore peut-être, en bravitude... Alors, ami lecteur, si vous n'avez pas bien compris notre propos, c'est peut-être que vous n'avez pas bien lu, ou que vous êtes déjà complètement médiabruti. Quant à nous, notre choix est fait, et entre le couscous et la choucroute, notre coeur ne balance pas. Tiens, ça me rappelle que ce sera bientôt la Fête du Cochon, le 14 juin prochain ; alors pensez à vous inscrire auprès de Solidarité des Français pour cette grande fête identitaire.

Sur ce - comme avait coutume de dire un certain Serge de Beketch en rendant l'antenne - Amis de la Résistance, bonsoir...

Jacques le Réac'

Transmis par notre ami Sébastien

LES HUSSARDS, Écrits des Années cinquante

Roger Nimier   Antoine Blondin   Jacques Laurent   Michel Déon

En septembre 1952, un journaliste de 23 ans, Bernard Frank, publiait dans la revue de Jean-Paul Sartre, Les Temps Modernes, une sorte de pamphlet qui s'en prenait à un groupe de jeunes écrivains, accusés de ne pas sacrifier aux dogmes de l'époque, accusés pour tout dire de "fascisme". En principe l'accusation qui tue . Mais l'article était intitulé "les grognards et les hussards". Il a fait date, car c'est essentiellement le titre qui en a été retenu, et il il a créé en quelque sorte le mythe des "hussards" en littérature, le mythe selon lequel il existerait à Saint-Germain-des-Prés une cohorte d'écrivains prétendument "fascistes" ayant pour chef de file un garçon de 27 ans, Roger Nimier, auteur, deux ans plus tôt, d'un best-seller intitulé "Le Hussard bleu".

A relire le pamphlet de Bernard Frank, un demi-siècle après sa première publication, ( Le Dilettante l'a réédité récemment) on se dit qu'il était superficiel et qu'il ne pouvait guère porter préjudice aux écrivains qu'il entendait pourfendre : les Jacques Laurent, Roger Nimier, Antoine Blondin (et Michel Déon qui fut, plus tard, ajouté). Il n'empêche que ce modeste article a eu un double mérite : le mérite pour Bernard Frank, de se faire instantanément un nom, et le mérite d'avoir donné une grande notoriété à cette soi-disant coterie des "hussards". (Pour l'anecdote, signalons que Bernard Frank donnera paradoxalement des articles à La Parisienne, la revue phare des "hussards" !).

Certains pensent que Bernard Frank n'est d'ailleurs pas l'inventeur du mot de "hussards" pour désigner ces jeunes écrivains "dégagés" (par opposition aux écrivains engagés). C'est l'écrivain belge Willy de Spens qui en aurait eu la paternité, selon les exégètes les plus pointus. De Spens, excellent écrivain, trop peu lu, décédé il y a quelques années, avait publié, dans la série de ses souvenirs, un livre intitulé "Le hussard malgré lui". Un titre à la Nimier. Mais peu importe : parce que Bernard Frank était un homme classé à gauche, et parce qu'il s'était exprimé dans une revue d'extrême gauche, Les temps modernes, dont le magistère était considérable, à l'époque, la formule passa à la postérité, et les "hussards" surent d'ailleurs retourner à leur profit cette étiquette qui, en dernière analyse, n'avait rien d'insupportable.

L'histoire des "hussards" doit beaucoup au hasard. Seules des rencontres de circonstance, des amitiés et des confraternités éphémères, ont réuni à jamais leurs noms . Ils ont néanmoins un point commun : ils ont tous subi, à un moment ou à un autre de leur jeune existence, l'influence de l'Action française. Et puis, hommes de la même génération, celle de l'immédiat après-guerre, ils arrivent sur un terrain littéraire relativement vierge : d'un côté il y a certes le clan des Sartre et des Camus, le clan des affiliés au CNE, ce Comité National des Écrivains, qui a entrepris d'épurer les lettres françaises. Mais de l'autre côté, il n'y a plus rien; il n'y a que les "maudits", les interdits professionnels. Une liste a en effet été dressée de ceux dont il est désormais interdit de publier et de diffuser les ouvrages. Cette liste va de Pierre Benoît à Paul Morand en passant par Guitry et Giono. Et puis il y a Mauriac tout seul.

Les "hussards", eux, ne figurent pas sur la liste des interdits professionnels, car ils étaient trop jeunes pour avoir publié des oeuvres significatives sous l'Occupation. Et d'ailleurs Roger Nimier finit la guerre, à 19 ans, incorporé volontaire dans les rangs du 2ème régiment des hussards (un signe ! ). Il aurait été mal venu de l'interdire de publication, pour cause de complaisance avec l'ennemi ! Ce qui caractérise les "hussards", en fin de compte, c'est une réaction, la réaction à l'air du temps, la réaction au roman engagé (à gauche), la réaction au caporalisme des communistes et de leurs compagnons de route, ces chiens de garde de la pensée unique, dont Jean-Paul Sartre est le plus pesant des représentants, avec son existentialisme envahissant et totalitaire. Oui, les "hussards" sont "réactionnaires" dans la mesure où ils réagissent et s'opposent au discours dominant. Dans "Paul et Jean-Paul" (1951), Jacques Laurent se livre à un parallèle entre Paul Bourget et Jean-Paul Sartre, pour montrer la persistance, à toutes les époques, des conformismes les plus insupportables. Ce n'est pas en elle même la critique de Sartre et de ses thèses qui fit mouche, avec ce pamphlet, mais c'était d'avoir osé comparer l'oeuvre du chef de file des existentialistes à celle des romans bourgeois de la fin du XIXe siècle ! La blessure fut vivement ressentie, et le combat entre les "hussards" et les sartriens ne fit alors que commencer.

Le positionnement politique des "hussards" ne peut être séparé du contexte de la guerre froide, de la menace communiste de l'époque. Mais c'est vrai qu'il serait très réducteur de présenter les "hussards" comme des écrivains engagés. Ce sont d'abord et avant tout des romanciers. Et dans le roman, ils deviennent réellement ce qu'ils prétendent être : des auteurs "dégagés". Même si, pour l'époque, proclamer son dégagement littéraire, c'est déjà se positionner politiquement (à droite).

Dernière caractéristique commune aux "hussards" : leur volonté de réhabiliter les épurés de 1944. Roger Nimier prend sous son aile protectrice André Fraigneau et Jacques Chardonne; Antoine Blondin fait l'apologie de Robert Brasillach et de Lucien Rebatet, Dans" La Parisienne", son journal mensuel, qui va paraître de janvier 1953 à mars 1958, Jacques Laurent accueille Marcel Jouhandeau, André Fraigneau, Jean Giono, Henry de Montherlant, Jacques Chardonne, Paul Morand, Robert Poulet.

Il est temps, maintenant, de présenter ces fameux "hussards". Et d'abord le chef de file : Roger Nimier (1925-1962). Il est mort dans un accident de voiture à 37 ans, trop jeune pour avoir donné la plénitude de son oeuvre. Néanmoins il laisse une douzaine de livres, dont ce fameux (et scandaleux) "Hussard bleu". Nimier, au delà de son oeuvre inachevée, fut un extraordinaire animateur, un agité, qui sut tirer le meilleur parti de son paresseux ami Antoine Blondin, sauver de l'oubli Chardonne et Fraigneau, faire préfacer les "Livres de Poche" par les meilleures plumes de la droite littéraire.

Puis vient Antoine Blondin. C'est peut-être, paradoxalement, le plus connu des "hussards", en tout cas, l'un de ceux cités le plus souvent, à la télévision, dans la presse. Ses chroniques sportives de L'Équipe ont fait davantage pour sa notoriété que ses cinq romans. "Un singe en hiver" est toutefois devenu un film à succès, avec Belmondo et Gabin, Belmondo dans le rôle de Blondin. Les deux hommes se ressemblaient d'ailleurs un peu, de visage.

Jacques Laurent est le troisième "hussard". Né en 1919, mort récemment, Laurent est certainement le plus fécond, le plus puissant , le plus éclectique des "hussards". Il a écrit une centaine d'ouvrages sous une quinzaine de pseudonymes différents, le plus connu de ces noms d'emprunt étant Cécil Saint Laurent. Jacques Laurent, ce sont des romans importants, comme "Les Corps tranquilles", ou "Les Bêtises" (prix Goncourt), c'est "Le petit Canard", sorte de lettre d'amour d'un père à son fils qui va être fusillé, ce sont des petits essais comme "le français en cage", qui sont de purs chefs d'oeuvre, écrits par un amoureux de la langue française. Cécil Saint Laurent, ce sont des sagas politiques et légères, comme la série des "Caroline chérie", "Hortense", "Clotilde", "La Communarde". ce sont des ouvrages plus franchement érotiques, mais sous d'autres signatures ou sous les mêmes. Il y a aussi des livres pour enfants, des essais politiques, des études historiques (sous le pseudonyme d'Albéric Varenne). Enfin Laurent écrivit de nombreux scénarios et dialogues de films, y compris des films historiques consacrés à la guerre de 14-18 ou à la bataille de France.

Quant à Michel Déon, il vit toujours, quelque part entre Paris, l'Irlande et la Grèce. "Les Poneys sauvages" et "Le Taxi mauve" (et le film qui en a été tiré, avec Charlotte Rampling et Fred Astaire), son élection à l'Académie française, ses légendaires promenades dans les îles grecques, ont sculpté une imposante statue. une statue solide. Le critique belge Pol Vandromme, dans son essai sur Déon, écrit ceci : "Blondin (qui toréait les mots pour estoquer les calembours), Nimier (qui ravalait la mélancolie romantique et ferraillait dans le parc du château de Verrière), Laurent (qui complotait en cagoulard intellectualiste) avaient le joli coeur et l'uniforme brodé des hussards de l'imagerie. Déon, à côté d'eux, semblait plus fantassin que cavalier (...) Il n'avait pas la légende parisienne (...)".

Voilà donc les quatre "hussards". Aujourd'hui ils s'éloignent un peu, dans notre mémoire; ils ont cette couleur noir et blanc des actualités des années cinquante, ils laissent derrière eux des livres, des films, des articles, la rumeur de batailles de mots qui n'ont plus cours, car le monde a changé. Mais à feuilleter leurs journaux et leurs revues : la Parisienne, Arts, La Nouvelle Lanterne, Accent grave, Opéra, Le Nouveau candide , les tribunes du Combat des années Smadja-Tesson, on se dit que cette "droite buissonnière", pour reprendre l'expression de Pol Vandromme, mérite toute sa place au panthéon des lettres. Et pas seulement là.

Francis Bergeron

Annie nous signale... "Le Club des Empereurs"

"Dans un décor à l'anglaise, avec manoir, parc et rivière, on suit la carrière d'un professeur d'histoire latine [M. Hundert] et ses interrogations : comment motiver et encourager les élèves, surtout ceux qui se montrent rétifs, mais chez qui on sent des possibilités ? Il y a des moments de doute, d'espoir, de déception mais aussi de réconfort, devant les témoignages d'affection des anciens élèves devenus pères de famille.
Plus sobre que "le Cercle des poètes disparus", ce film s'inspire plutôt du célèbre "Goodbye Mister Chips", qui connut un grand succès avant et après la Deuxième Guerre
mondiale."
                   ("Le Club des empereurs",Michael Hoffman, 1h45min. sorti en DVD le 4 février 2004)

mardi, 29 avril 2008

Agenda de mai des Amis de Jehanne

Mai arrive : le mois de Marie, bien sûr, et aussi celui où l'on honore aussi Jehanne la Pucelle. Un écrivain va être également à l'honneur ce mois de mai chez les Amis de Jehanne : Jacques Chardonne, le premier d'une série de rendez-vous littéraires qui vont ponctuer toute l'année, avec un leit-motiv : 1) rencontre-débat autour de l'auteur 2) possibilité pour ceux qui le souhaitent de visionner chez soi un film tiré d'un ouvrage de l'auteur 3) enfin sortie sur le terrain pour visiter un lieu ayant compté dans la vie de l'auteur. Rendez-vous donc pour le premier volet de cette thématique le lundi 12 mai 2008 après-midi, la sortie à La Frette sur Seine, résidence de Jacques Chardonne étant prévue pour le 1er juin. Pour en savoir plus sur cet auteur, suivez le lien http://frettois.canalblog.com/archives/litterature/index....

A noter également, le 15 mai : début du cycle Melville avec rencontre-débat autour du Silence de la mer de Vercors. Invité : Arnaud Guyot-Janin, critique de cinéma.

Le 29 mai : début du cycle sur la Chine avec rencontre-débat.

Organisation des ateliers

LUNDI 

14h-15h : retrait et retour des livres

Après 15h : Les 1er et 3ème lundis de chaque mois sont consacrés à une rencontre-débat sur le thème du mois en cours ou à venir.

MARDI

Médiapéro de 18h30 à 20h00 : initiation / perfectionnement en informatique.

MERCREDI

Le dernier mercredi de chaque mois : Atelier Jeux de mots, consacré aux exercices de style.

 

Et pour ceux qui seront encore avec nous cet été, nous avons prévu des sorties-nature :

Juillet : sortie aux champignons à Rambouillet

Août : sortie aux champignons à Fontainebleau

Septembre : sortie aux champignons à Rambouillet

Octobre : Sortie aux champignons à Fontainebleau

 l'intérêt étant de découvrir les changements de la forêt en fonction de la saison.

IMPORTANT : Condition préalable de participation à ces activités : s'inscrire à l'avance ! Merci.

 

 

 

jeudi, 24 avril 2008

La Chronique de Jacques le Réac'

 De mai 68 faisons table rase - II : La dialectique expliquée à mon chien

L'esprit de mai 68, c'est aussi les intellectuels de gauche - on dirait aujourd'hui : pléonasme - au nombre desquels figure l'inénarrable Jean-Sol Partre. On savait depuis Vian qu'il avait un coeur en forme de tétraèdre, mais on sait peut-être moins qu'il avait un cerveau en forme de bigorneau. Sachant cela, on comprend mieux les circonvolutions de cet esprit abscons - vous pouvez aussi écrire "abscons" sans préfixe, personnellement je m'en abs-tiendrai car il faut savoir politesse garder. Donc cet esprit, tout entortillé sur lui-même comme le gastéropode susmentionné , et perdu dans les brumes germanopratines du Flore, un oeil sur le comptoir, et l'autre dans le corsage de la Beauvoir, a accouché de quelques unes des plus belles pages d'anthologie philosophique - c'est ce que disent du moins ceux qui l'ont lu, qui se font plutôt rares mais qui restent toujours largement plus nombreux il est vrai que ceux qui l'ont compris, mais comme dit mon épicier arabe : c'est pas Sartre qui philosophe, c'est la poule qui fît los ôfs...

Donc parmi ces pages inoubliables, votre serviteur a sélectionné cet extrait tiré de la Critique de la raison dialectique (tome 2 - Chap. intitulé "l'intelligibilité de l'Histoire") :

"Il faut revenir à cette première vérité du marxisme : ce sont les hommes qui font l'Histoire ; et comme c'est l'Histoire qui les produit (en tant qu'ils la font), nous comprenons dans l'évidence que la "substance" de l'acte humain, si elle existait, serait au contraire le non-humain (ou, à la rigueur, le pré-humain) en tant qu'il est justement la matérialité discrète de chacun." Commentez. Vous avez deux heures...

Devant la densité abyssale de ce texte magistral, on est pris d'un vertige nauséeux ; aussi ferons-nous appel à un expert du langage absurde pour en décrypter toutes les existentielles subtilités. Cette tâche ne pouvait qu'échoir à Pierre Desproges, dont on célèbre en ce moment l'anniversaire de la disparition. Ainsi donc, dans son opus Chroniques de la haine ordinaire II, le grand Pierre commence-t-il par convenir avec nous que "c'est pas très clair, "l'intelligibilité de l'Histoire". Il doit s'être glissé une ou deux coquilles dans ce texte. Il suffit peut-être de changer un mot ou deux pour que "l'intelligibilité" devienne intelligible. Exemple :

Il faut revenir à cette première vérité du marxisme : ce sont les chiens qui font ouah ouah : et comme c'est le ouah ouah qui les produit (en tant qu'ils le font), nous comprenons dans l'évidence que la "substance" de l'acte canin, si elle existait, serait au contraire le non ouah ouah (ou, à la rigueur, le pré-ouah ouah) en tant qu'il est justement la matérialité discrète de chacun."

Voilà déjà qui fait plus de sens, comme on dit au Canada. Maintenant suivez bien le raisonnement : du chien à la puce, il n'y a qu'un pas, ou plutôt qu'un saut... cela donne donc, dixit toujours le grand Desproges :

Il faut revenir à cette première vérité du marxisme : ce sont les puces qui font l'ordinateur ; et comme c'est l'ordinateur qui les produit (en tant qu'elles le font), nous comprenons dans l'évidence que la "substance" de l'ordinateur, si elle existait, serait au contraire le non-puce (ou à la rigueur le pré-puce) en tant qu'il est justement la matérialité discrète de chacun.

C'est ce qui s'appelle tordre le cou à l'apparente contradiction dialectique, qu'assurément vous aviez, chers amis lecteurs, détectée dans ce texte. Personnellement, nous préférons conclure ainsi :

Il faut revenir à cette première vérité de l'existentialisme : c'est Sartre qui se fout de notre gueule : et comme c'est notre gueule qui le produit (en tant qu'il s'en fout) nous comprenons dans l'évidence que la "substance" de Sartre, si elle existait, serait au contraire le non-sartrien (voire le pré-cambrien) en tant qu'il est justement la matérialité discrète de chacun.

Sur ce, Amis de la philosophie, bien le bonsoir.

Jacques les Réac'

 

jeudi, 17 avril 2008

La chronique de Jacques le Réac'

Faisons table rase de Mai 68 - 1 L'esprit de mai 68

A la veille de célébrer le 40ème anniversaire de Mai 68, dont on commence déjà à nous rebattre les oreilles, ne boudons pas notre plaisir de tordre le cou à ce vieux mythe. Mai 68, c'est, comme disait l'autre, cheveux longs et idées courtes - courtes assurément dans leur raisonnement mais hélas pas dans leur longévité car elles ont influencé durablement les esprits et continuent à le faire. Votre serviteur, qui était encore en culottes - courtes justement celles-là - au moment des événements, n'a pas eu à choisir un camp à ce moment-là, mais c'est plus tard au cours de sa scolarité entièrement publique, qu'il a pu apprécier à leur juste valeur ces enseignants recuits de marxisme-léninisme, et s'initier à la réaction. Il se souvient en particulier d'une certaine prof de philo, et d'une certaine prof de géo du lycée de St B..., mais surtout d'une certaine prof d'allemand, qui faisait de la politique sous prétexte d'étudier la langue de Brecht, ce qui valut à votre serviteur excédé sa première confrontation à caractère politique, avec excommunication immédiate de la part de la classe, pour avoir osé vouloir faire de l'allemand en cours d'allemand, et non suivre un cours de dialectique socio-historique.

Ayant fait ses adieux au "mammouth", en échappant par miracle à la méthode globale - pur produit de 68 estampillé Bourdieu & Meirieu, célèbre laboratoire de décérébration des esprits - votre serviteur mesure aujourd'hui la chance d'avoir appris à lire et à écrire normalement (sans jeu de mots sur l'Ecole du même nom) . Mai 68 a fait éclater une certaine idée de l'éducation, mais aussi de l'ordre établi en s'attaquant à l'élément central de la société qu'est la femme. C'est par elle que mai 68 a fait s'écrouler l'édifice social : elle était le coeur et le ciment de la famille. On lui a fait croire qu'elle devait s'émanciper des contraintes familiales pour s'épanouir professionnellement et sexuellement. Au final, on a récolté les familles décomposées, l'échec scolaire, la perte des repères et la délinquance. Si aujourd'hui l'on veut reconstruire quelque chose, c'est de là qu'il faudra repartir et reconstruire sur ce socle.

L'esprit de Mai 68, c'est la libération des soi-disants "opprimés" : à l'époque c'étaient les "prolétaires" et les femmes, aujourd'hui ce sont les minorités "discriminées" : les immigrés, les homosexuels (surtout s'ils sont atteints du Sida), les handicapés, les vieux, les jeunes, et pardon si j'en oublie... Je revendique quant à moi l'appartenance à ce qu'il faut bien considérer comme une minorité pestiférée : les fachopositifs, ceux qui croient en certaines valeurs de l'homme, basées sur ses devoirs plus que ses droits, et sur la défense de son identité culturelle et ethnique - et en la transmission nécessaire de ces valeurs. Alors le message que j'aimerais faire passer aux jeunes qui actuellement défilent contre Darcos - ou un autre peu importe - c'est de bien se demander pour quoi ou pour qui ils marchent, et surtout qu'ils prennent garde, s'ils trouvent Mai 68 sur leur passage, de ne pas marcher dedans.

                             Jacques le Réac'

 Retrouvez chaque semaine sur ce blog la chronique de Jacques le Réac'

 

mercredi, 16 avril 2008

Les Lettres Perçantes - 2 - Des Droits de l'Homme

Lettre d’Ibrahim à Moustapha

 

 

Mon cher Moustapha,

 

 

 

Par la grâce d’Allah tout puissant, nous sommes devenus les Maîtres et Seigneurs de Paris ! Comme j’aimerais que tu sois là pour voir fleurir partout nos mosquées, financées grâce à l’argent des Français ! Et en plus maintenant nous avons notre Conseil Français du Culte Musulman ! Je me demande encore pourquoi tu hésites à venir nous rejoindre ?

 

 

Bien sûr, au début, ça n’a pas toujours été facile de trouver du travail, à cause de la concurrence de tous ces étrangers : les Dupond, Durand, Martin, etc…mais maintenant ça va mieux : les Français, qui ont l’obsession des Droits de l’Homme, nous ont inventé un nouveau système : la « discrimination positive » : ça veut dire qu’ils nous embauchent en priorité par rapport aux Français. Et puis, après avoir travaillé quelque temps ici, tu pourras faire venir ta femme et tes enfants : c’est très intéressant pour les allocations familiales, surtout quand tu as dix ou quinze enfants comme l’imam de notre mosquée ; mais attention : une seule de tes femmes sera considérée comme légitime : les autres devront être inscrites comme célibataires ayant charge de famille, mais avec les lois sociales françaises c’est quand même très intéressant...

 

 

Tu pourras aussi mettre tes femmes au travail, mais pas longtemps, juste le temps qu’il faut pour qu’elles aient droit aux allocations chômage : elles tiendront ton ménage, et elles iront pointer tous les mois. Ah oui, « pointer » : c’est encore une de ces tracasseries administratives inventées par les Français, mais sois sans crainte, ce n’est pas difficile et cela ne prend presque pas de temps : une vingtaine de minutes quand même parce qu’il faut faire la queue à cause de tous ces étrangers qu’il faut bien quand même laisser passer. Bah ! Lorsque nous serons au pouvoir - ce qui ne saurait tarder – nous créerons des guichets pour eux, mais en attendant, comme ce sont les Français qui payent, il faut bien se montrer patients !

 

 

Autre chose : les Français vénèrent les « saints », et c’est une bonne chose. Bien entendu Allah veille sur nous ; mais depuis que nous sommes ici, nous avons un peu adopté les coutumes locales et nous avons aussi notre saint : saint Dicat : il est bon et puissant, nous protège contre les étrangers, et arrange tous les problèmes : par exemple si tu oublies de pointer ou si tu veux un local pour la prière tu t’adresses à saint Dicat. Et puis les Français ont inventé la grève : c’est très pratique les jours où tu n’as pas trop envie de travailler. Attention cependant, car contrairement au Prophète, saint Dicat porte deux noms, parfois trois : CGT, CFDT et SUD, mais en fin de compte ça n’est pas un problème : chez Saint-Dicat-CGT par exemple il y a plein d’employés arabes. Bien sûr, ils doivent aussi s’occuper des Français, mais c’est provisoire, car ceux-ci ne font aucun effort pour apprendre l’arabe, sauf pour les chiffres qu’ils ont adoptés depuis des siècles. Cela prouve que ce sont les Arabes qui ont toujours raison et qui sont dans leur droit !

 

 

Par ailleurs, il y a aussi l’Assistance Publique : là encore ce sont les Français qui payent ; par exemple si ta femme doit accoucher et qu’il n’y a pas de place à l’hôpital, ne t’en fais pas : elle pourra aller ailleurs, et c’est quand même l’Assistance Publique qui paiera. Si l’un de tes enfants ou l’une de tes femmes non légitimes tombent malades, ce sont encore les Français qui paieront : comme tu vois, il n’y a pas à s’inquiéter !

 

 

Alors viens vite, nous t’attendons très nombreux ! Ah oui, j’oubliais, dernière chose : figure-toi qu’on nous a promis pour bientôt le droit de vote…Nous avons fichu les Français à la porte de l’Algérie, alors pourquoi donc - Inch’ a’ Allah - n’en ferions-nous pas autant ici ?

 

 

 

                                                                                                                      Bien à toi,

 

                                                                                                                      Ibrahim

 

Les Lettres Perçantes - 1 - De la liberté d'expression

Lettre d’Omar à Ibrahim

 

 

 

Mon cher cousin,

 

Quelle agitation en ce moment dans notre belle capitale ! Téhéran vit cette semaine au rythme de la Conférence Internationale organisée par notre nouveau Président : partout l’événement est à l’affiche, les étals des libraires s’emplissent de quantités d’ouvrages traitant du thème de la conférence ; et une foule d’historiens, d’intellectuels et de journalistes, escortés par des cohortes de policiers s’est abattue comme une nuée d’abeilles sur le Palais des Conventions pour s’y enfermer pendant une semaine, comme si Téhéran était soudain devenu le dernier salon à la mode où l’on s’entretient des grandes questions du monde. Rien à ce jour n’a filtré des discussions : il faut dire que le thème en est singulier: « L’Holocauste est-il un mythe ou une réalité ? »

 

 

Je ne connais ma foi rien à l’Histoire, et encore moins à la politique, mais il me semble qu’en vérité l’on en fait beaucoup mystère, et ce qui est plus mystérieux encore à mes yeux, c’est de savoir pourquoi l’on a attendu soixante ans pour se pencher officiellement sur la question, et pourquoi venir à Téhéran pour cela  quand en France, vous avez toute liberté d’expression : vous pouvez discourir à loisir sur les chambres à air ou sur les chambres à coucher ?

 

 

Quoi qu’il en soit, cela prouve - n’en déplaise aux Français inventeurs de cette formule - que l’on peut avoir du pétrole et aussi des idées ! Et d’ailleurs, depuis le début de la Conférence, mon petit restaurant n’a pas désempli : ne pourrait-on encore faire durer quelque temps les débats, car cette question me semble être de la plus haute importance…

 

 

Ah oui, il y a aussi cette proposition de notre Président, afin de régler le problème de nos frères palestiniens : déplacer Israël en Europe : apparemment l’idée n’a pas plu aux Européens : pourtant j’avais cru comprendre, avec l’entrée programmée de la Turquie, qu’ils voulaient élargir leur Union vers le Levant ; les hommes politiques ont parfois de ces lubies ! Si tu veux mon avis, ne vaudrait-il pas mieux, à tout prendre, déplacer Israël aux Etats-Unis : ce grand pays, qui n’a eu de cesse de soutenir Israël, est assurément le mieux préparé à recevoir ce peuple, puisqu’en réalité, c’est lui, dit-on, qui en tient les rênes…

 

 

Sur ces considérations, je te laisse, et demeure

 

Ton Bien Dévoué,

 

                               Omar.

 

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