vendredi, 09 mai 2008

Chronique de Jacques le Réac' : Encore une histoire de cochon...

Après la Fête du 1er mai, voici encore une semaine chargée en commémorations : jeudi le 8 mai, et dimanche Pentecôte et Fête de Jeanne d’Arc . Notez bien tout de même qu’une bonne moitié de la France ne célèbre pas grand-chose, si ce n’est l’occasion de faire un super-viaduc (on ne peut plus en effet parler seulement ici de pont) pendant toute la première quinzaine du mois.  

Pour cette chronique hebdomadaire, j’étais d’abord tenté de filer la métaphore cochonnière en vous entretenant de l’évêque normand qui fit condamner Jeanne d’Arc : ce Cauchon-là, qui était vendu aux Rosbeefs, nous aurait fait un beau plat de résistance en effet.  Mais c’est finalement dans la thématique du 8 mai 1945 que je suis allé débusquer cette figure qui nous est désormais familière (le cochon) et si vous voulez bien me suivre une fois encore dans cette aventure intellectuelle, peut-être découvrirez-vous, cher ami lecteur, quelque leçon à méditer sous l’apparente légèreté du propos.

“J’ai peur que nous ayons tué le mauvais cochon.” aurait dit Churchill en 1945 au président Truman, à Potsdam, tandis qu’il sortaient tous deux d’une entrevue avec Staline, lequel apparaissait déjà objectivement comme le vrai vainqueur de la Deuxième Guerre Mondiale, et qui en bon cochon de vainqueur, pour reprendre la formule de Léon Degrelle, «grognait de satisfaction, la queue à Vladivostok, le groin fumant à deux cents kilomètres du territoire français » et devait étouffer la moitié de l’Europe sous sa panse pendant près d’un demi-siècle. Churchill, ce Maître-cochonnier - qui en avait à la fois le physique et le caractère, et était déjà connu pour un autre bon mot : «Les chiens vous regardent tous avec vénération. Les chats vous toisent tous avec dédain. Il n’y a que les cochons qui vous considèrent comme leurs égaux.» - avait malheureusement vu juste : les Alliés s’étaient manifestement trompés d’ennemi, mais il était déjà trop tard…

En effet, le 8 mai 1945 c’est plus qu’une défaite militaire et politique de l’Allemagne, c’est la fin d’un monde. On pourrait bien sûr se contenter d’entonner le couplet politiquement correct sur « la victoire des bons Alliés sur les les méchants Nazis, qui est la victoire du monde libre sur la tyrannie » mais au-delà de ces slogans simplistes il faut peut-être s’interroger sur toute la charge symbolique de cette défaite : n’est-ce pas aussi la victoire du matérialisme athée marxiste-léniniste sur l’idéalisme germanique, et l’idéal pan-européen dont il était porteur ? En effet, selon la théorie de Karl Haushofer, géopoliticien allemand qui conseilla Hitler,  seules les puissances de l’Axe pouvaient mettre en échec le libéralisme (déjà) mondialiste américain, et comme l’a écrit Aymeric Chauprade dans sa Géopolitique (Collection Ellipses) c’est « l’Allemagne hitlérienne qui, la première, a défendu le projet d’une Communauté économique européenne, au sein de laquelle la Grande Allemagne jouerait un rôle d’Etat-pivot. » Les Alliés occidentaux auraient donc jeté le bébé avec l’eau du bain, et n’auraient réalisé que trop tard qu’un ennemi peut en cacher un autre.

On peut bien sûr renvoyer dos à dos ces deux totalitarismes que furent le bolchévisme et le fascisme, et les condamner l’un comme l’autre comme d’ignobles monstres du passé. Cela permet en toute bonne conscience de ne pas aller plus loin dans la réflexion historique. On le sait, ce sont toujours les vainqueurs qui jugent les vaincus, mais je ne suis pas loin de penser que les plus grands fours crématoires de l’Histoire ne sont peut-être pas ceux d’Auschwitz-Birkenau, mais plutôt ceux à ciel ouvert de Dresde et Hambourg, sous un déluge de phosphore, et d’Hiroshima, sous le feu nucléaire…

Le monde qui s’écroule le 8 mai 1945, c’est un monde qui assignait à l’homme une mission cosmique et ésotérique, un monde dont l’élite était un Ordre de moines-soldats, et dont l’idéal était la refondation d’un Homme Nouveau. Oui, c’est vers cette espèce de surhomme idéal, réalisant l’harmonie corps-âme-esprit, que tendait l’idéologie nationale-socialiste, mais « c’est le petit homme du « monde libre », l’habitant de Moscou, de Boston, de Limoges ou de Liège, le petit homme positif, rationaliste, plus moraliste que religieux, dépourvu du sens métaphysique (…) c’est ce petit homme sorti de la cuisse de M. Homais, qui va anéantir la grande armée destinée à ouvrir la voie au surhomme, à l’homme-dieu, maître des éléments, des climats et des étoiles. » (Le matin des magiciens – L. Pauwels, J. Bergier, Gallimard 1960 pp.329-330) On ne peut comprendre en effet les décisions de Hitler si on ne les resitue pas dans leur contexte caché, ésotérique. Sinon, comment comprendre l’expédition de l’Ahnenerbe (Héritage des Ancêtres) au Tibet en 1938-1939, à la recherche des origines supposées de la race indo-germanique ? Comment comprendre qu’en pleine guerre contre l’URSS Hitler lance au printemps 42 une équipe d’alpinistes au sommet de l’Elbrouz, montagne sacrée des Aryens dans le Caucase, et haut-lieu d’anciennes civilisations, pour y planter le drapeau à croix gammée ? Comment comprendre en somme sa politique de conquêtes suivant un mouvement spiralé sinistrogyre, c’est-à-dire dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, le sens de la croix gammée nazie ? (voir à ce sujet L’Ordre noir, d’André Brissaud pp.350-351). Cette spirale, incroyablement victorieuse pendant les 7 premières années, va finalement être stoppée à Stalingrad, et c’est alors le crépuscule des Dieux qui commence…

On pourra bien sûr émettre toutes les réserves concernant les théories avancées par les grands-prêtres du national-socialisme. Il serait bien vain par ailleurs d’essayer d’entrevoir quelle aurait été la destinée de l’Europe si les Alliés occidentaux avaient choisi de tuer l’autre cochon… on aurait au passage fait l’économie de 45 années de Guerre Froide avec la Russie , on aurait échappé à Coca-Cola, Mac Donald et Disney. Et après ? Ce qui a été détruit aussi le 8 mai 1945, c’est un certain idéal, qu’illustre parfaitement à mon sens le célèbre poème du général Mac Arthur intitulé « La jeunesse », bien qu’il n’ait pas été écrit en pensant à cette jeunesse-là… En effet, le nouveau monde qui s’est mis en place après le 8 mai 1945, c’est un monde où l’amour du confort a triomphé sur l’esprit d’aventure, et où la soif de bien-être a été plus forte que la soif d’idéal.

Alors petit homme européen, de Limoges, de Moscou ou de Liège, puisses-tu rester réceptif aux messages de la nature, de l’homme et de l’infini, et si un jour ton cœur allait être mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de ton âme de vieillard ; car notre Maître-cochonnier de tout à l’heure, Churchill, n’a-t-il pas également prophétisé: « Les empires du futur seront spirituels » ?  

Jacques le Réac’

mardi, 06 mai 2008

Mai : le mois "Chardonne" chez les Amis de Jehanne

En guise d'introduction aux activités prévues ce mois-ci autour de Jacques Chardonne, vous pourrez trouver de plus amples informations sur l'auteur en suivant le lien mis à jour dernièrement par Sébastien : http://frettois.canalblog.com/archives/chardonne/index.html

Denis nous signale également un livre de Christian Millau intitulé "Au galop des Hussards. Dans le tourbillon littéraire des années 50" (Editions de Fallois, Paris, 1998), qui servira de guide introductif à notre mois "Chardonne" et à notre thématique buissonnière.

A bientôt donc sur les traces de Jacques Chardonne.

C.D.

mercredi, 30 avril 2008

Le glaive ou le bouclier ?

Que choisir ? Le beurre ou l'argent du beurre ? La cigale ou la fourmi ? Court sucré ou long sans sucre ? L'aile ou la cuisse ? le cable ou le satellite ? Daphnis ou Chloé ? L'oeuf ou la poule ? Le rouge ou le noir ? Sarko ou le Pen ? Couscous ou choucroute ? Mahomet ou Jésus ? Le glaive ou le bouclier ?

Ces quelques énoncés, aussi impératifs qu'hétéroclites, nous rappellent les choix existentiels auxquels tout homme est un jour confronté dans sa vie, et leurs conséquences ultimes dans sa vie personnelle et sociale. J'en entends déjà parmi vous, chers lecteurs, qui pensent, par je ne sais quelle pirouette intellectuelle, pouvoir échapper à bon compte au nécessaire choix discriminatoire, ou comme dirait Pascal, à la nécessité du pari.

Que choisir donc, disais-je, quand on est en âge de faire des choix, en France sous l'Occupation, par exemple. "Mais arrêtez-donc de remuer le passé !" vont s'indigner certains - désolé, ce n'est pas votre serviteur qui a commencé, ce sont les médias et les politiques qui nous abreuvent régulièrement de ce passé qui ne passe pas, et de l'obligatoire devoir de mémoire, avec son corollaire obligatoire : la repentance.

Revenons donc à notre problème : celui du choix, et en l'occurence du bon choix, pour reprendre une expression favorite d'un ancien président de la République et rédacteur de Constitution européenne. Le problème avec le bon choix, c'est qu'on ne sait que rétrospectivement si on l'a fait ou non. Et d'ailleurs, le bon choix pour qui ? Pour moi ? Pour la France ? Pour le Pape ? Pour mon épicier arabe ? Ah, non, vraiment choisir, c'est mourir un peu. A l'époque dont il est question c'est même souvent mourir beaucoup, dès le début, pendant ou à la fin - les armes à la main ou face au peloton - c'est selon. Choisir à l'époque, c'était aussi aimer, nonobstant la guerre : voilà qu'on redécouvre actuellement quelque 200.000 "enfants de Boches" à régulariser en quelque sorte, comme quoi Français(es) et Allemand(e)s ne se sont pas seulement retrouvés sous les drapeaux, mais aussi sous les draps... Et que dire alors des dizaines de milliers d'enfants nés du STO ?

Mais revenons à la question du choix : un Français se devait certes à l'époque de choisir un camp - ne pas choisir étant déjà un choix en soi - il fallait donc choisir, pour reprendre l'image gaullienne, entre le glaive (la Résistance) OU le bouclier (la Collaboration). C'est le cas N° 1, le plus courant. Cas N° 2, plus rare, on pouvait vouloir choisir le glaive ET le bouclier, en servant les deux camps - simultanément, en devenant ainsi un agent double - ou successivement, collabo jusqu'en 44 et résistant quand le bruit des chenilles de Sherman se faisait de plus en plus proche. Le lecteur aura sans doute remarqué que ce glissement sémantique du "OU" vers le "ET" était guidé non par des considérations hautement patriotiques, mais par un souci bien compris de sa survie. Cela dit on est bien peu de choses face à l'Histoire qui vous rattrappe et vous happe, et celle-ci n'est ni toute blanche d'un côté, ni toute noire de l'autre. Le Général (de Gaulle) n'a-t-il pas reconnu que lui-même (le glaive) et Pétain (le bouclier) avaient été aussi nécessaires l'un que l'autre, et que le succès du premier avait été rendu possible par le second ? Voilà une vision pleine de hauteur historique, dont ferait bien de s'inspirer un establishment toujours prompt à la repentance.

Bien, poursuivons. Années 2000 : Résistance ou Collaboration ?

Quel rapport avec la première partie de votre propos ? me direz-vous... D'aucuns d'entre vous, chers lecteurs, auront certainement remarqué que notre pays est tout de même depuis un certain nombre d'années en situation d'occupation par des populations allogènes d'origine extra-européenne, non armées (en général) mais très déterminées à installer leur culture et leur religion sur notre sol, nous jouant ainsi la colonisation à l'envers. Mais c'est nous qui les avons fait venir ! vont s'exclamer certains. Désolé, mais en l'occurence ce "nous", ce n'est pas nous, et s'il est vrai que certains patrons dans les années 60 et suivantes ne voyaient pas plus loin que le bout de leur profit en "important" massivement cette main d'oeuvre bon marché, il n'en est pas moins vrai qu'une majorité de nos concitoyens ont continué ensuite à voter pour des hommes politiques favorables à cette immigration... Que chacun fasse donc son mea culpa. Les partis de gauche ne pouvaient quant à eux que se réjouir d'une telle politique, voyant là l'apparition d'un nouveau sous-prolétariat qui demain voterait pour eux...

Nous retrouvons donc aujourd'hui ces bons apôtres nimbés de leur nouvelle islamophilie de circonstance, et de leur bon chic humanitariste - les voilà les nouveaux collabos de la cinquième colonne immigrationiste, un véritable inventaire à la Prévert :

ceux qui régularisent,

ceux qui prennent en otage les enfants des écoles pour faire régulariser les parents,

ceux qui Touche pas à mon pote,

ceux qui Droits-de-l'Hommisent,

ceux qui médiatisent et ceux qui showbizent

ceux qui avec hallal je positive

ceux qui talibanlieusardisent,

ceux qui boboïsent et ceux qui sodomisent

ceux qui Halde à la discrimination

tous ceux-là - et beaucoup d'autres -

s'étaient fait une belle tête politiquement correcte et s'étaient donné rendez-vous au grand dîner de têtes organisé comme chaque année à l'occasion de la rupture du jeûne de Ramadan...

Alors, que rajouter à cela ? Que ne rien faire, c'est laisser faire, et accepter de tomber demain en dhimmitude, voire même pire encore peut-être, en bravitude... Alors, ami lecteur, si vous n'avez pas bien compris notre propos, c'est peut-être que vous n'avez pas bien lu, ou que vous êtes déjà complètement médiabruti. Quant à nous, notre choix est fait, et entre le couscous et la choucroute, notre coeur ne balance pas. Tiens, ça me rappelle que ce sera bientôt la Fête du Cochon, le 14 juin prochain ; alors pensez à vous inscrire auprès de Solidarité des Français pour cette grande fête identitaire.

Sur ce - comme avait coutume de dire un certain Serge de Beketch en rendant l'antenne - Amis de la Résistance, bonsoir...

Jacques le Réac'